la collaboration médecin-pharmacien pour le suivi des patients dyslipidémiques : étude TEAM
Lyne Lalonde, B.Pharm, Ph.D. |
Directrice |
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Eveline Hudon, M.D., M.Cl.Sc. |
Chercheure |
De nombreuses études ont démontré que le traitement des dyslipidémies est souvent sous-optimal. L’essai clinique TEAM, un essai clinique randomisé par grappes et contrôlé, évalue l’efficacité d’une forme de collaboration entre le médecin de famille et le pharmacien communautaire pour les patients dyslipidémiques. Le médecin est responsable du diagnostic et du traitement alors que le pharmacien initie le traitement, évalue l’efficacité, l’innocuité et l’adhésion au traitement et procède aux ajustements posologiques.
Efficacité de l’intervention : Comparativement aux patients du groupe témoin, au moment de l’entrée à l’étude, les patients du groupe intervention avaient des concentrations sériques de cholestérol-LDL plus élevées (3,5 versus 3,2 mmol/L; p=0,05) et ont été moins nombreux à recevoir une statine de forte puissance (11,1% versus 39,7%). Après une année, dans le groupe intervention, la réduction moyenne incrémentale brute et ajustée de LDL-C étaient de -0,2 mmol/L (IC 95%:-0,3 à -0,1) et -0,05 (-0,3 à 0,2), respectivement. Le risque relatif brute et ajusté d’atteindre les cibles lipidiques visées étaient de 1,10 (0,95 à 1,26) et 1,16 (1,01 à 1,34), respectivement.
Perception de la collaboration : Pour décrire la perception des médecins, pharmaciens et patients envers ce type de suivi, des entrevues de groupe (4) et des entrevues individuelles (7) ont été réalisées à la fin de l’étude TEAM. Tous les participants jugent que cette forme de collaboration est plus structurée et régulière; le patient se sent davantage pris en charge, rassuré, plus informé sur sa maladie et sensibilisé à l’importance du traitement ce qui l’inciterait à se prendre en mains. Ces points positifs sont largement attribués à la facilité de relation avec le pharmacien ainsi qu’au fait que le pharmacien soit plus disponible et plus facile d’accès que le médecin. Les patients n’émettent pratiquement aucune réserve envers ce type de suivi. Les médecins craignent avant tout pour la relation privilégiée avec leur patient, le suivi global et la prévention. D’après les pharmaciens, ce suivi ne conviendrait pas à tous les patients et prend surtout beaucoup de temps.
Les résultats de l’Étude TEAM ne démontrent pas la supériorité d’un suivi de collaboration médecin-pharmacien pour les patients dyslipidémiques. Cependant, ce suivi est perçu comme étant efficace et sécuritaire. Des barrières d’ordre professionnel et organisationnel pourraient freiner son application.
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